‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 22 sur 142 · L'ÉLÉPHANT BLANC · texte numérisé non relu

L'ÉLÉPHANT BLANC

Et toute Llnde sait qu’au sortir de la vie Les âmes des héros qu’a chéris là patrie S’en vont habiter quelque temps Dans les corps des éléphants blancs.

Nos talapoins l’ont dit, ainsi la chose est sûre.

— Quoi ! vous nous croyez des héros ?

— Sans doute. — Et sans cela nous serions en repos, Jouissant dans les bois des biens de la nature?

— Oui, seigneur. — Mon ami, laisse-moi donc partir,

Car on t’a trompé, je t’assure ;

Et si tu veux y réfléchir,

Tu verras bientôt l’imposture.

Nous sommes fiers et caressants ;

Modérés, quoique tout-puissants;

On ne nous voit point faire injure A plus faible que nous; l’amour dans notre cœur Reçoit des lois de la pudeur;

Malgré la faveur où nous sommes,

Les honneurs n’ont jamais altéré nos vertus :

Quelles preuves faut-il de plus ?

Comment nous croyez-vous des hommes ?

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