‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 32 sur 142 · L'ENFANT ET LE DATTIER · texte numérisé non relu

L'ENFANT ET LE DATTIER

Demeuraient à jamais perdus.

Je les ai découverts, ils sont ma récompense. Parlant ainsi , l’enfant vers le dattier s’élance,

Et jusqu’à son sommet tâche de se hisser.

L’entreprise était périlleuse ;

L’écorce tantôt nue, et tantôt raboteuse,

Lui déchirait les mains ou les faisait glisser.

Deux fois il retomba; mais, d’une ardeur nouvelle, Il recommence de plus belle,

Et parvient enfin, haletant,

A ces fruits qu’il désirait tant.

Il se jette alors sur les dattes,

Se tenant d’une main, de l’autre fourrageant,

Et mangeant

Sans choisir les plus délicates.

Tout à coup voilà notre enfant Qui réfléchit et qui descend.

11 court chercher sa bonne mère,

Prend avec lui son jeune frère,

Les conduit au dattier. Le cadet incliné, S’appuyant.au tronc qu’il embrasse,

Présente son dos à l’ainé ;

L’autre y monte, et de cette place.

Libre de ses deux bras, sans efforts, sans danger, Cueille et jette les fruits ; la mère les ramasse,

Puis sur un linge blanc prend soin de les ranger. La récolte achevée, et la nappe étant mise,

Les deux frères tranquillement,

Souriant à leur mère au milieu d’eux assise, Viennent au bord de l’eau faire un repas charmant. De la société4ceci nous peint l’image;

Je ne connais de biens que ceux que l’on partage. Cœurs dignes de sentir le prix de l’amitié,

Retenez cet ancien adage .

Le tout ne vaut pas la moitié.

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