‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 34 sur 142 · LE VIEUX ARBRE ET LE JARDINIER · texte numérisé non relu

LE VIEUX ARBRE ET LE JARDINIER

ts son jardin , arbre stérile; poirier qui jadis fut fertile ; Mais il avait vieilli, tel est notre destin.

Le jardinier ingrat veut l’abattre un matin ;

Le voilà qui prend sa cognée.

Au premier coup l’arbre lui dit :

Respecte mon grand âge, et souviens-toi du fruit Que je t’ai donné chaque année.

La mort va me saisir, je n’ai plus qu’un instant :

N’assassine pas un mourant Qui fut ton bienfaiteur. — Je te coupe avec peine,

Répond le jardinier: mais j’ai besoin de bois.

Alors, gazouillant à la fois,

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le Vieux arbre et le jardinier,.

De rossignols une centaine S’écrie : Epargne-le, nous n’avons plus que lui ; Lorsque ta femme vient s’asseoir sous son ombrage, Nous la réjouissons par notre doux ramage;

Elle est seule souvent, nous charmons son ennui.

Le jardinier les chasse et rit de leur requête;

11 frappe un second coup. D’abeilles un essaim Sort aussitôt du tronc, en lui disant : Arrête, Écoute-nous, homme inhumain ;

Si tu nous laisses cet asile,

Chaque jour nous te donnerons Un miel délicieux dont tu peux à la ville Porter et vendre les rayons;

Cela te touche-t-il? J’en pleure de tendresse, Répond l’avare jardinier ;

Eh ! que ne dois-je pas à ce pauvre poirier Qui m’a nourri dans sa jeunesse ?

Ma femme quelquefois vient ouïr ces oiseaux ;

C’en est assez pour moi ; qu’ils chantent en repos. Et tous qui daignerez augmenter mon aisance,

Je veux pour vous de fleurs semer tout ce canton. Cela dit, il s’en va, sûr de sa récompense,

Et laisse vivre le vieux tronc.

Comptez sur la reconnaissance Quand l’intérêt vous en répond.

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