‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 50 sur 142 · LE CHATEAU LE CARTES · texte numérisé non relu

LE CHATEAU LE CARTES

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LIVKE 11

Lisait et méditait sans cesse ;

Le cadet, vif, léger, mais plein de gentillesse,

Sautait, riait toujours, ne se plaisait qu’aux jeux.

Un soir, selon l’usage, à côté de leur père,

Assis près d’une table où s’appuyait la mère,

L’ainé lisait Roi lin : le cadet, peu soigneux D’apprendre les hauts faits des Romains ou des Parthes, Employait tout son art, toutes ses facultés A joindre, à soutenir par les quatre côtés Un fragile château de cartes.

Il n’en respirait pas d’attention, de peur.

Tout à coup voici le lecteur Qui s’interrompt : Papa, dit-il, daigne m’instruire Pourquoi certains guerriers sont nommés conquérants,

Et d’autres fondateurs d’empire :

Ces deux noms sont-ils différents?

Le père méditait une réponse sage,

Lorsque son fils cadet, transporté de plaisir,

Après tant de travail, d'avoir pu parvenir A placer son second étage,

S’écrie : Il est fini ! Son frère murmurant

Se fâche, et d’un seul coup détruit son long ouvrage;

Et voilà le cadet pleurant.

Mon fils, répond alors le père,

Le fondateur c’est votre frère.

Et vous êtes le conquérant.

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