‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 73 sur 142 · LIVR EU · texte numérisé non relu

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Et leur professeur même en extase admirait.

Une nuit qu’ils dormaient dans le grenier du maître Sur un grabat commun , voilà mes jeunes gens Qui , dans un rêve , pensent être À se disputer sur les bancs.

Je démontre, dit l’un. — Je distingue, dit l’autre.

— Or, voici mon dilemme. — Ergô , voici le nôtre...

A ces mots nos rêveurs, criants, gesticulants,

Au lieu de s’en tenir aux simples arguments D’Aristote ou de Scot, soutiennent leur dilemme De coups de poing bien assénés Sur le nez.

Tous deux , sautant du lit dans une rage extrême ,

Se saisissent par les cheveux ,

Tombent et font tomber pêle-mêle avec eux

Tous les -meubles qu’ils ont , deux chaises, une table,

Et quatre in-folios écrits sur parchemin.

Le professeur arrive , une chandelle en main ,

A ce tintamarre effroyable.

Le diable est donc ici ! dit-il tout hors de soi; Comment ! sans y voir clair et sans savoir pourquoi Vous vous battez ainsi ! Quelle mouche vous pique?

— Nous ne nous battons point, disent-ils; jugez mieux

C’est que nous repassons tous deux Nos leçons de métaphysique. v

ni

Non parce qu’il était prudent, Mais parce qu’il était savant ,

Alphonse , fut surtout un habile astronome.

Il connaissait le ciel bien mieux que son royaume, Et quittait souvent son conseil Pour la lune ou pour le soleil.

Un soir qu’il retournait à son observatoire ,

Entouré de ses courtisans :

Mes amis, disait-il, enfin j’ai lieu de croire Qu’avec mes nouveaux instruments Je verrai , cette nuit , des hommes dans la lune.

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