‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 76 sur 142 · LE RENARD DEGUISE · texte numérisé non relu

LE RENARD DEGUISE

Là , contant ses exploits , et puis les injustices ,

Les dégoûts qu’il eut à souffrir,

Il demande pourquoi de si nombreux services N’ont jamais pu rien obtenir.

Le bonhomme renard, avec sa voix cassée ,

Lui dit : Mon cher enfant, la semaine passée,

Un blaireau , mon cousin , est mort dans ce terrier :

C’est moi qui suis son héritier,

J’ai conservé sa peau ; mets-la dessus la tienne Et retourne à la cour. Le renard avec peine Se soumit au conseil ; affublé de la peau De feu son cousin le blaireau ,

Il va se regarder dans l’eau d’une fontaine,

Se trouve l’air d’un sot, tel qu’était le cousin.

Tout honteux, de la cour il reprend le chemin.

Mais, quelques mois après , dans un riche équipage , Entouré de valets, d’esclaves, de flatteurs,

Comblé de dons et de faveurs ,

Il vient de sa fortune au vieillard faire hommage :

Il était grand-vizir. Je te l’avais bien dit,

S’écrie alors le vieux grand-père ;

Mon ami , chez les grands quiconque voudra plaire Doit d’abord cacher son esprit.

LE DElîVIS, LA CORNEILLE ET LE FAUCON.

N de ces pieux solitaires Qui, détachant leur cœur des choses d’ici-bas,

Font vœu de renoncer à des biens qu’ils n’ont pas , Pour vivre du bien de leurs frères,

Un dervis, en un mot , s’en allait mendiant Et priant ,

Lorsque les cris plaintifs d’une jeune corneille,

Par des parents cruels laissée en son berceau Presque sans plume encor , vinrent à son oreille.

Notre dervis regarde, et voit le pauvre oiseau Allongeant sur son nid sa tête demi-nue;

Dans l’instant, du haut de la nue,

Un faucon descend vers ce nid;

jm

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