‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 84 sur 142 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Que je donne le prix : c’était un peuple sage ,

Un peuple ami des lois, instruit, discret, pieux. Rempli de respect pour ses dieux ;

Cela seul à mon gré lui donne l’avantage.

J’aime mieux les Athéniens ,

Répondit le hibou ; que d’esprit ! que de grâce !

Et dans les combats quelle audace !

Que d’aimables héros parmi leurs citoyens !

A-t-on jamais plus fait avec moins de moyens ?

Des nations c’est la première.

Parbleu ! dit l’oison en colère,

Messieurs , je vous trouve plaisants ;

Et les Romains , que vous en semble ?

Est-il un peuple qui rassemble Plus de grandeur, de gloire et de faits éclatants? Dans les arts , comme dans la guerre,

Us ont surpassé vos amis.

Pour moi, ce sont mes favoris ;

Tout doit céder le pas aux vainqueurs de !a terre. Chacun des trois pédants s’obstine en son avis. Quant un rat, qui de loin entendait la dispute,

Rat savant , qui mangeait des thèmes dans sa hutte , Leur cria : Je vois bien d’où viennent vos débats : L’Egypte vénérait les chats ,

Athènes les hibous, et Rome , au Capitole ,

Aux dépens de l'État nourrissait des oisons ;

Ainsi notre intérêt est toujours la boussole Que suivent nos opinions.

Ce parricide eut l’art de cacher son forfait ,

Nul ne le soupçonna : farouche et solitaire ,

Il fuyait les humains et vivait dans les bois. Espérant échapper aux remords comme aux lois. Certain jour on le vit détruire , à coups de pierre, Un malheureux nid de moineaux.

Eh ! que vous ont fait ces oiseaux ?

Lui demande un passant : pourquoi tant de colère?

Ce qu’ils m’ont fait? répond le criminel ,

Ces oisillons menteurs , que confonde le ciel ,

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