‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 130 sur 394 · LE CHEVAL ET LE LOUP · texte numérisé non relu

LE CHEVAL ET LE LOUP

Un certain loup, dans la saison Que les tièdes zéphyrs ont l'herbe rajeunie, Et que les animaux* quittent tous la maison

Pour s'en aller chercher leur vie, Un loup, dis— je, au sortir des rigueurs de l'hiver,

1 De l'inviter.

* Parle suivant l'intérêt du moment.

Aperçut un cbeval qu'on avait mis au vert;

Je laisse à penser quelle joie. Bonne chasse, dit-il, qui l'aurait à son croc .' Eh ! que n'es-tu mouton ! car tu me serais hoc i Au lieu qu'il faut ruser pour avoir cette proie. Rusons donc. Ainsi dit, il vient à pas comptés;

Se dit écolier d'Ilippocrate; Qu'il connaît les vertus et les propriétés

De tous les simples de ces prés ;

Qu'il sait guérir, sans qu'il se flatte, Toutes sortes de maux. Si don coursier voulait

Ne point céler sa maladie,

Lui, loup, gratis le guérirait ;

Car le voir en cette prairie

Paître ainsi sans être lié Témoignait quelque mal, selon la médecine.

J'ai, dit la béte chevaline,

Une apostume sous le pied.

Mon fils, dit le docteui , il n'est point de partie

1 Tu serais à moi.

Page 1