‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 169 sur 394 · LE CHEVAL ET L'ANE · texte numérisé non relu

LE CHEVAL ET L'ANE

En ce monde il se faut l'un l'autre secourir : Si ton voisin vient à mourir, C'est sur toi que le fardeau tombe.

Un âne accompagnait un cheval peu courtois, Celui-ci ne portant que son simple harnais, Et le pauvre baudet si chargé qu'il succombe. Il pria le cheval de l'aider quelque peu ; Autrement il mourrait devant qu'être 1 à la ville.

s Ongle, dans les divers patois de l'est de la France, est féminin. Maline pour Maligne est ici une licence poétique. 2 Avant d'être.

La prière, dit-il, n'en est pas incivile : Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu. Le cheval refusa, fit une pétarade 1 ; Tant qu'il vit sous le faix mourir son camarade,

Et reconnut qu'il avait tort :

Du baudet en cette aventure

On lui fit porter la voiture,

Et la peau par-dessus encor.

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