‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 206 sur 394 · LE CHAT, LA BELETTE ET LE PETIT LAPIN · texte numérisé non relu

LE CHAT, LA BELETTE ET LE PETIT LAPIN

Du palais d'un jeune lapin,

Dame belette, un beau matin,

S'empara : c'est une rusée.

Le maître étant absent, ce lui fut chose aisée. Elle porta chez lui ses pénates, un jour Qu'il était allé faire à l'Aurore sa cour

Parmi le thym et la rosée.

Après qu'il eut brouté, trotté, fait tous ses tours, Jeannot lapin retourne aux souterrains se, ours. La belette avait mis le nez à la fenêtre. 0 dieux hospitaliers ! que vois-je ici paraître? Dit l'animal chassé du paternel logis.

Holà ! madame la belette,

1 Pour devineresse.

* Clientèle.

Que I on déloge sans trompette, Ou je vais avertir tous les rats du pays. La dame au nez pointu répondit que la terre

Etait au premier occupant.

C'était un beau sujet de guerre, Qu'un logis où lui-même il n'entrait qu'en rampant

Et quand ce serait un royaume, Je voudrais 1 ien savoir, dit-elle, quelle loi

En a pour toujours fait l'octroi À Jean, fils ou neveu de Pierre ou de Guillaume,

Plutôt qu'à Paul, plutôt qu'à moi.

Jean lapin allégua la coutume et l'usage : Ce sont, dit-il, leurs lois qui m'ont de ce logis Rendu ma tre et seigneur, et qui, de père en fils, L'ont de Pierre à Simon, puis à moi Jean, transmis. Le premier occupant, est-ce une loi plus sage?

Or bien, sans crier davantage, Rapportons-nous, dit-elle à Raminagrobis.

C'était un cbat vivant comme un dévot ermite,

Un chat faisant la chattemite *, 4 Le mielleux.

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