‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 216 sur 394 · LE POUVOIR DES FABLES · texte numérisé non relu

LE POUVOIR DES FABLES

A M. DE BAIl.LLON1

La qualité d'ambassade ir Peut-elle s'abaisser à des contes vulgaires ? Vous puis-je offrir mes vers et leurs grâces légères? S'ils osent quelquefois prendre un air de grandeur Seront-ils point traités par vous de téméraires?

Vous avez bien d'autres affaires

A démêler que les débats

Du lapin et de la belette.

Lisez-les ; ne les lisez pas :

Mais empêchez qu'on ne nous mette

Toute l'Europe sur les brus.

Que de mille endroits de la terre

Il nous vienne des ennemis,

J'y consens; mais que l'Angleterre Veuille que nos deux rois se lassent d'être amis,

J'ai peine à digérer la chose.

N'est-il point encor temps que Louis se repose ? Quel autre Hercule enfin ne se trouverait las De combattre cette hydre ? et faut-il qu'elle oppose Une nouvelle tète aux efforts de son bras ?

Si votre esprit plein de souplesse.

Par éloquence et pir adresse, Peut adoucir les cœurs et détourner ce coup, Je vous sacrifierai cent moutons : c'est beaucoup

Pour un habitant du Parnasse.

Cependant faites-moi la grâce

De prendre en don ce peu d'encens :

Prenez en gré mes vœux ardents

* Ambassadeur en Angleterre.

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