‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 240 sur 394 · LIVRE VIII. FABLE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. FABLE XVIII

De quoi le Grec en bassa le payait,

Non en marchand : tant c'est chère denrée

Qu'un protecteur ! celui-ci coûtait tant

Que notre Grec s'allait partout plaignant.

Trois autres Turcs, d'un rang moindre en puissance,

Lui vont offrir leur support en commun.

Eux trois voulaient moins de reconnaissance

Qu'à ce marchand il n'en coûtait pour un.

Le Grec écoute ; avec eux il s'engage ;

Et le bassa du tout est averti .

Même on lui dit qu'il jouera, s'il est sage,

A ces gens-là quelque méchant parti,

Les prévenant, les chargeant d'un message

Pour Mahomet, droit en son paradis,

Et sans tarder ; sinon ces gens unis

Le préviendront, bien certains qu'à la ronde

Il a des gens tout prêts pour le venger :

Quelque poison l'enverra protéger

Les trafiquants qui sont en l'autre monde.

Sur cet avis le Turc se comporta

Comme Alexandre, et, plein de confiance,

Chez le marchand tout droit il s'en alla,

Se mit à table. On vit tant d'assurance

En ses discours et dans tout son maintien,

Qu'on ne crut point qu'il se doutât de rien.

Ami, dit-il, je sais que tu me quittes;

Même l'on veut que j'en craigne les suites;

Mais je te crois un trop homme de bien :

Tu n'as point l'air d'un donneur de breuvage.

Je n'en dis pas là-dessus davantage.

Quant à ces gens qui pensent t'appuyer,

Ecoute-moi : sans tant de dialogue

Et de raisons qui pourraient t'ennuyer,

Je ne te veux conter qu'un apologue.

11 était un berger, son chien et son troupeau. Quelqu'un lui demanda ce qu'il prétendait faire D'un dogue de qui l'ordinaire

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