‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 279 sur 394 · LIVRE IX. FABLE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE IX. FABLE XIV

Un passager, pendant l'orage, Avait voué cent bœufs au vainqueur des Titans. Il n'en avait pas un : vouer cent éléphants

N'aurait pas coûté davantage.

Il brûla quelques os quand il fut au rivage : Au nez de Jupiter la fumée en monta.

Sire Jupin, dit-il, prends mon vœu ; le voilà : C'est un parfum de bœuf que ta grandeur respire. La fumée est ta part : je ne te dois plus rien.

Jupiter fit semblant de rire :

Mais, après quelques jours, le dieu l'attrapa bien,

Envoyant un songe lui dire Qu'un tel trésor était en tel lieu. L'homme au vœu

Courut au trésor comme 3ii feu.

Il trouva des voleurs ; et, n'ayant dans sa bourse

Qu'un écu pour toute ressource,

Il leur promit cent talents d'or !,

Bien comptés, et d'un tel trésor :

On l'avait enterré dedans telle 1 oargade. L'endroit parut suspect aux voleurs ; de façon Qu'à notre prometteur l'un dit : Mon camarade, Tu te moques de nous ; meurs, et va chez Pluton

Porter tes cent talents en don.

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