LIVRE X. FABLE VIII
Progné1 me vient enlever les morceaux; Caracolant, frisant l'air et les eaux, Elle me prend mes mouches à ma porte : Miennes je puis les dire ; et mon réseau En serait plein sans ce maudit oiseau : Je l'ai tissu de matière assez forte.
Ainsi, d'un discours insolent, Se plaignait l'araignée autefois tapissière,
Et qui lors, étant filandière, Prétendait enlacer tout insecte volant.
La sœur de Philomèle, attentive à sa proie, Malgré le bastion happait mouch.es dans l'air, Pour ses petits, pour elle, impitoyable joie Que ses enfants gloutons, d'un bec toujours ouvert, D'un ton demi- formé, bégayante couvée, Demandaient par des cris encore mal entendus.
La pauvre aragne n'ayant plus Que la téte et les pieds, artisans superflus,
Se vit elle-même enlevée :
L'hirondelle, en passant, emporta toile et tout, Et l'animal pendant au bout.
Jupin pour chaque état mit deux tables au inonde . L'adroit, le vigilant et le fort sont assis
A la première; et les petits
Mangent leur reste à la seconde.