‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 303 sur 394 · LIVRE X. FABLE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE X. FABLE VIII

Progné1 me vient enlever les morceaux; Caracolant, frisant l'air et les eaux, Elle me prend mes mouches à ma porte : Miennes je puis les dire ; et mon réseau En serait plein sans ce maudit oiseau : Je l'ai tissu de matière assez forte.

Ainsi, d'un discours insolent, Se plaignait l'araignée autefois tapissière,

Et qui lors, étant filandière, Prétendait enlacer tout insecte volant.

La sœur de Philomèle, attentive à sa proie, Malgré le bastion happait mouch.es dans l'air, Pour ses petits, pour elle, impitoyable joie Que ses enfants gloutons, d'un bec toujours ouvert, D'un ton demi- formé, bégayante couvée, Demandaient par des cris encore mal entendus.

La pauvre aragne n'ayant plus Que la téte et les pieds, artisans superflus,

Se vit elle-même enlevée :

L'hirondelle, en passant, emporta toile et tout, Et l'animal pendant au bout.

Jupin pour chaque état mit deux tables au inonde . L'adroit, le vigilant et le fort sont assis

A la première; et les petits

Mangent leur reste à la seconde.

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