‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 31 sur 394 · LIVRE ï. FABLE XXII · texte numérisé non relu

LIVRE ï. FABLE XXII

Sur les humides bords des royaumes du vent. La nature envers vous me semble bien injuste. Votre compassion, lui répondit l'arbuste, Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci :

Les vents me sont moins qu'à vous redoutables ; Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici

Contre leurs coups épouvantables

Résisté sans courber le dos ; Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots. Du bout de l'horizon accourt avec furie

Le plus terrible des enfants Que le Nord eût porté jusque-là dans ses flancs.

L'arbre tient bon ; le roseau plie.

Le vent redouble ses efforts,

Et fait si bien qu'il déracine Celui de qui la tête au ciel était voisine, Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts*

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