‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 349 sur 394 · LE DUC DE BOURGOGNE · texte numérisé non relu

LE DUC DE BOURGOGNE

Qui avait demandé à M. de la Fontaine une fable qui fût nommée

Pour plaire au jeune prince à qui la Renommée

Comment composerai-je une fable nommée Le Chat et la Souris ?

Dois-je représenter dans ces vers une belle Qui, douce en apparence et toutefois cruelle, Va se jouant des cœurs que ses charmes ont pris Comme le chat de la souris ?

Prendrai-je pour sujet les jeux de la Fortune? Rien ne lui convient mieux : et c'est chose commune Que de lui voir traiter ceux qu'on croit ses amis Comme le chat fait la souris.

Introduirai-] e un roi qu'entre ses favoris Elle respecte seul, roi qui fixe sa roue, Qui n'est point empêché d'un monde d'ennemis, Et qui des plus puissants, quand il lui plaît, se joue Comme le chat de la souris?

Mais insensiblement, dans le tour que j'ai pris, Mon dessein se rencontre ; et, si je ne m'abuse, Je pourrais tout gâter par de plus longs récits : Le jeune prince alors se jouerait de ma muse Comme le chat de la souris.

Une jeune souris, de peu d'expérience, <>ut fléchir un vieux chat, implorant sa clémence, Et payant de raisons le Raminagrobis.

Laissez-moi vivre : une souris

le Chat et la Sourts.

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