LA CHAUVE-SOURIS ET LES DEUX BELETTES
Une chauve-souris donna tète baissée
Dans un nid de belette ; et, sitôt qu elle y fut,
L'autre, envers la souris de longtemps courroucée,
Pour la dévorer accourut.
Quoi ! vous osez, dit-elle, à mes yeux vous produire Après que votre race a fâché de me nuire ! N ètes-vous pas souris? Parlez sans fiction. Oui, vous Têtes; ou bien je ne suis pas belette.
Pardonnez-moi, dit la pauvrette,
Ce n'est pas ma profession.
Moi, souris, des méchants vous ont dit ces nouvelles.
Grâce à fauteur de l'univers,
Je suis oiseau ; voyez mes ailes :
Vive la gent qui fend les airs !
Sa raison plut, et sembla bonne.
Elle fait si bien qu'on lui donne
Liberté de se retirer.
Deux jours après notre étourdie