‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 36 sur 394 · LA CHAUVE-SOURIS ET LES DEUX BELETTES · texte numérisé non relu

LA CHAUVE-SOURIS ET LES DEUX BELETTES

Une chauve-souris donna tète baissée

Dans un nid de belette ; et, sitôt qu elle y fut,

L'autre, envers la souris de longtemps courroucée,

Pour la dévorer accourut.

Quoi ! vous osez, dit-elle, à mes yeux vous produire Après que votre race a fâché de me nuire ! N ètes-vous pas souris? Parlez sans fiction. Oui, vous Têtes; ou bien je ne suis pas belette.

Pardonnez-moi, dit la pauvrette,

Ce n'est pas ma profession.

Moi, souris, des méchants vous ont dit ces nouvelles.

Grâce à fauteur de l'univers,

Je suis oiseau ; voyez mes ailes :

Vive la gent qui fend les airs !

Sa raison plut, et sembla bonne.

Elle fait si bien qu'on lui donne

Liberté de se retirer.

Deux jours après notre étourdie

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