‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 371 sur 394 · LIVRE XII. FABLE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XII. FABLE XV

Il avait trop de jugement.

Le corbeau donc vole et revole.

Sur son rapport, les trois amis

Tiennent conseil. Deux sont d'avis

De se transporter sans remise

Au lieu où la gazelle est prise.

L'autre, dit le corbeau, gardera le logis : Avec son marcher lent, quand arriverait-elle^

Après la mort de la gazelle.

Ces mots à peine dits, ils s'en vont secourir

Leur chère et fidèle compagne,

Pauvre chevrette de montagne.

La tortue y voulut courir .

La voilà comme eux en campagne, Maudissant ses pieds courts avec juste raison, Et la nécessité de porter sa maison. Ronge-maille (le rat eut à bon droit ce nom) Coupe les nœuds du lacs ; on peut penser la joie. Le chasseur vient et dit : Qui m'a ravi ma proie? Rongemaille, à ces mots, se retire en un trou, le corbeau sur un arbre, en un bois la gazelle :

Et le chasseur, à demi fou

De n'en avoir nulle nouvelle, - Aperçoit la tortue, et retient son courroux.

D'où vient, dit-il, que je m'effraie ?

Je veux qu'à mon souper celle-ci me défraie. M la mit dans son sac. Elle eût payé pour tous, Si le corbeau n'en eut averti la chevrette.

Celle-ci, quittant sa retraite, Contrefait la boiteuse et vient se présenter.

L'homme de suivre, et de jeter Tout ce qui lui pesait : si bien que Rongemaille Autour des nœuds du sac tant opère et travaille

Qu'il délivre encor l'autre sœur, Sur qui s'était fondé le souper du chasseur.

Pilpay conte qu'ainsi la chose s'est passée. Pour peu que je voulusse invoquer Apollon,

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