‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 375 sur 394 · LE RENARD, LE LOUP ET LE CHEVAL · texte numérisé non relu

LE RENARD, LE LOUP ET LE CHEVAL

Un renard, jeune encor, quoique des plus madrés, Vit le premier cheval qu'il eût vu de sa vie. Il di'; à certain loup, franc novice : Accourez ;

Un animal paît dans nos prés, Beau, grand : j'en ai la vue encor toute ravie. Est-il plus fort que nous? dit le loup en riant.

Fais-moi son portrait, je te prie.

Si j'étais quelque peintre ou quelque étudiant, Repartit le renard, j'avancerais la joie

Que vous aurez en le voyant.

Mais venez. Que sait-on? peut-être est-ce une proie

Que la fortune nous envoie.

Ils vont ; et le cheval, qu'à l'herbe on avait mis, Assez peu curieux de semblables amis, Fut presque sur le point d'enfiler la venelle 1 . Seigneur, dit le renard, vos humbles serviteurs Apprendraient volontiers comment on vous appelle. Le cheval, qui n'était dépourvu de cervelle,

1 Le mot venelle signifie sentier étroit, et la locution ewHer la venelle est employée ici par Ja Fontaine dans le sens de /M,f.

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