‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 384 sur 394 · LIVRE XII. FABLE XXIV · texte numérisé non relu

LIVRE XII. FABLE XXIV

Maître pendu croyait qu'il en irait de même Que le jour qu'il tendit de semblables panneaux ; Mais le pauvret, ce coup, y laissa ses housseaux 1 : Tant il est vrai qu'il faut changer de stratagème ! Le chasseur, pour trouver sa propre sûreté, N'aurait pas cependant un tel tour inventé ; Non point par peu d'esprit : est-il quelqu'un qui nie Que tout Anglais n'en ait bonne provision ?

Mais le peu d'amour pour la vie

Leur nuit en mainte occasion.

Je reviens à vous, non pour dire

D'autres traits sur votre sujet ;

Tout long éloge est un projet

Peu favorable pour ma lyre :

Peu de nos chants, peu de nos vers, Par un encens flatteur amusent l'univers, Et se font écouter des nations étranges.

Votre prince vous dit un jour

Qu'il aimait mieux un trait d'amour

Que quatre pages de louanges.

Agréez seulement le don que je vous fais

Des derniers efforts de ma muse.

C'est peu de chose ; elle est confuse

De ces ouvrages imparfaits.

Cependant ne pourriez-vous faire

Que le même hommage pût plaire A celle qui remplit vos climats d'habitants

Tirés de l'île de Cythère?

Vous voyez par là que j'entends Mazarin, des Amours déesse lutélaire.

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