‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 49 sur 394 · LE LIÈVRE ET LES GRENOUILLES · texte numérisé non relu

LE LIÈVRE ET LES GRENOUILLES

Un lièvre en son gîte songeait, (Car que faire en un gîte, à moins que Ton ne songe ?)

1 Les alchimistes.

Dans un profond ennui ce lièvre se plongeait : Cet animal est triste, et la crainte le ronge.

Les gens de naturel peureux

Sont, disait-il, bien malheureux !

Ils ne sauraient manger morceau qui leur profite : Jamais un plaisir pur ; toujours assauts divers. Voilà comme je vis : cette crainte maudite M'empêche de dormir, sinon les yeux ouverts. Corrigez-vous, dira quelque sage cervelle.

Kh ! la peur se corrige-t-elle?

Je crois même qu'en bonne foi

Les hommes ont peur comme moi.

Ainsi raisonnait notre lierre,

Et cependant faisait le guet.

Il était douteux, inquiet :

Un souffle, une ombre, un rien, tout lui donnait la fièvre,

Le mélancolique animal,

En rêvant à cette matière, Entend un léger bruit : ce lui fut un signal Pour s'enfuir devers sa tanière.

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