‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 52 sur 394 · LE CORBEAU VOL LANT IMITER L AIGLE · texte numérisé non relu

LE CORBEAU VOL LANT IMITER L AIGLE

L'oiseau de Jupiter enlevant un mouton,

Un corbeau, témoin de l'affaire, Et plus faible des reins, mais non pas moins glouton,

En voulut sur l'heure autant faire.

Il tourne à l'entour du troupeau,

1 Réjouissez-vous.

* Ses chaus*Q&.

Marque entre cent moutons le plus gras, le plus beau,

Un vrai mouton de sacrifice :

On l'avait réservé pour la bouche des dieux. Gaillard corbeau disait, en le couvant des yeux :

Je ne sais qui fut ta nourrice ; Mais ton corps me parait en merveilleux état .

Tu me serviras de pâture.

Sur l'animal bêlant à ces mots il s'abat.

La moutonnière créature Pesait plus qu'un fromage ; outre que sa toison

Était d'une épaisseur extrême, Et mêlée à peu près de la même façon

Que la barbe dePolyphême.

Elle empêtra si bien les serres du corbeau, Que le pauvre animal ne put faire retraite : Le berger vient, le prend, l'encage bien et beau. Le donne à ses enfants pour servir d'amusette.

11 faut se mesurer; la conséquence est nette : Mal prend aux volereaux de faire les voleurs.

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