LE CORBEAU VOL LANT IMITER L AIGLE
L'oiseau de Jupiter enlevant un mouton,
Un corbeau, témoin de l'affaire, Et plus faible des reins, mais non pas moins glouton,
En voulut sur l'heure autant faire.
Il tourne à l'entour du troupeau,
1 Réjouissez-vous.
* Ses chaus*Q&.
Marque entre cent moutons le plus gras, le plus beau,
Un vrai mouton de sacrifice :
On l'avait réservé pour la bouche des dieux. Gaillard corbeau disait, en le couvant des yeux :
Je ne sais qui fut ta nourrice ; Mais ton corps me parait en merveilleux état .
Tu me serviras de pâture.
Sur l'animal bêlant à ces mots il s'abat.
La moutonnière créature Pesait plus qu'un fromage ; outre que sa toison
Était d'une épaisseur extrême, Et mêlée à peu près de la même façon
Que la barbe dePolyphême.
Elle empêtra si bien les serres du corbeau, Que le pauvre animal ne put faire retraite : Le berger vient, le prend, l'encage bien et beau. Le donne à ses enfants pour servir d'amusette.
11 faut se mesurer; la conséquence est nette : Mal prend aux volereaux de faire les voleurs.