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LES DEUX TONNEAUX

Deux tonneaux, seuls et sans guide, Suivaient , un jour, leur chemin ; L'un d'eux était creux et vide, Et l'autre plein du liquide Qui charme le genre humain.

Sans bruit, toujours en arrière.

Le dernier marchait au pas ; Mais l'autre, sur chaque ornière Bondissant avec fracas.

Lançait des flots de poussière Et faisait grand embarras.

Voyant l'énorme futaille Sauter par bonds enragés.

Les passants vers la muraille Prudemment s'étaient rangés.

Mais cette foule stupide.

Faisant fi du tonneau plein, Admirait d'un œil avide Les ébats du tonneau vide, Qui pourtant ne valait rien.

Tel fait bruit de sa vaillance

Qui, très-souvent, n'a rien fait;

Tel est un béros parfait

Qui marcbe et passe en silence.

En soi chercbant son appui,

De tout temps le vrai grand homme

Laissa, de mots économe.

Ses hauts faits parler pour lui.

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