‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 74 sur 161 · LE CHIEN VOLEUR · texte numérisé non relu

LE CHIEN VOLEUR

Un grand seigneur avait un chien Fieffé vaurien , coquin pendable , Et larron d'autant plus coupable , Qu'il ne manquait jamais de rien.

Tout chien bien né de telle vie Aisément se fût contenté.

Mais voler était sa manie ; Tout morceau délicat au logis apporté , Sous sa patte, à l'instant, était escamoté. On le bat, temps perdu : toujours il persévère! A son maître un ami vient sagement parler. (( Pour ton chien, lui dit-il , tu te crois bien sévère; Qui pourtant plus que toi l'encourage à voler? V^eux-tu l'en détourner? V^iinement tu t'en flattes , Si tu laisses toujours les morceaux dans ses pattest Qu'à rendre ce qu'il prend ton chien soit obligé ! » Le maître du conseil ayant fait bon usage , Le chien comprit, devint plus sage, Et pour toujours fut corrigé.

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