LE SAVETIER ET SON VOISIN
Le savetier s'en retournait De chez le financier. Joyeux, il fredonnait Les chansons que lui fit oublier la richesse. Mais un voisin survient qui lui peint sa détresse,
Et loi demande vingt écus.
Alors le savetier, confus De faire au malheureux essuyer un refus, En rougissant s'excuse avec franchise, Et trop tard se repent d'avoir, par sa sottise, Manqué l'occasion d'obliger son ami.
« Je pouvais être heureux si j'avais été sage, Dit-il ; avec cet or j'aurais chanté, dormi ; Mais il fallait savoir en faire bon usage. »