‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 120 sur 428 · LE NID RENVERSÉ · texte numérisé non relu

LE NID RENVERSÉ

Un oiseau se désespère :

« C'en est fait, plus d'amour, plus d'amour, ô douleur! L'orage a renversé le nid où mon vieux père Au cœur de ma compagne avait uni mon cœur. Je perds, avec mon nid, l'amour et le bonheur. *

A sa sœur une femme, après Quatre-vingt-treize, En ces mots écrivait : « 0 ma chère Thérèse, La révolution porte de tristes fruits : On ne peut plus prier, les temples sont détruits! »

Au désespoir livrée, une muse anonyme

Disait : « Je renonce à la rime !

11 s'attache à mon œuvre un génie infernal; Hier à l'horizon. se lève un grand journal Qui glorieusement doit me faire connaître, Et voilà tout à cou]) qu'il vient de disparaître. Adieu mes vers, adieu ma seule passion; Hélas ! plus de journal, plus d inspiration ! »

Et moi, d'un saint transport, ayant l'âme saisie, Je leur dirai : « L'amour, cet enfant immortel, La véritable foi, l'auguste poésie, Pour vivre, pour brûler, n'ont pas besoin d'autel. Dût le cœur seul du juste être leur sanctuaire,

ii2 FABLES.

On en verrait toujours s'exhaler la prière, Et la ilaimne et les chants. . . » Ali ! lecteurs, croyez-moi, Car de leurs sentiments je me fais l'interprète, Cet oiseau n'aimait plus, la femme était sans foi, Et l'autre n'était pas poète.

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