‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 126 sur 428 · LA GRENOUILLE ET L'ÉCARLATE · texte numérisé non relu

LA GRENOUILLE ET L'ÉCARLATE

Une grenouille sort du fond de son marais.

Que voit-elle? ô surprise ! ô joie !

Un butin merveilleux, une éclatante proie.

Elle aura, sans peine et sans frais, Un morceau succulent, le festin le plus rare. « Adieu les vermisseaux et l'herbe de la marc !

Dit-elle ; il me faut désormais Des mets

Dignes de votre souveraine :

Ne riez pas, des eaux je suis la reine! » A ces mots, elle saute et nage vers le bord, Fière de s'emparer de la royale aubaine. Or, qu'était-ce? un chiffon d'écarlate... et la mort!

La pauvre jeune fille et le pauvre poëte Séduits, l'un par l'éclat d'un renom glorieux L'autre par des habits, des bijoux précieux,

Rêvaient la plus douce conquête.

A celle-ci le déshonneur,

A tous deux misère et malheur!

Ils ont, en poursuivant l'amorce qui les flatte, Saisi, les imprudents.., un chiffon d'écarlate !

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