LA CHARITÉ
A MADAME
Un jour, la Charité du paradis s'envole, Et voit dans nos chemins un frêle nouveau-né, A demi nu, transi, pleurant, abandonné.
Par mille doux baisers vite elle le console. Dans un pan de sa robe alors le réchauffant . Vers les grands d'ici-bas, joyeuse, elle l'emporte; Aucun de son palais ne leur ferme la porte, Et, par amour pour elle, on adopte l'enfant.
Pour mes Fables ainsi vous agissez, madame : Des plus indifférents vous savez toucher l'âme, Et, grâce à votre zèle, à vos soins protecteurs, Mes vers, ô toute bonne, ont trouvé des lecteurs.