‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 157 sur 428 · LE NID ABANDONNÉ · texte numérisé non relu

LE NID ABANDONNÉ

a Oiseau, je te vois, effaré,

Fatiguer l'air à grands coups d'ails,

De ta compagne si fidèle

La mort t'a-t-elle séparé?

Dis le sujet de ta souffrance..,

— J'avais, par des soins assidus,

Bâti mon nid, douce espérance!

Hélas ! soins et travaux perdus !

Parcourant les forêts, une troupe bruyante A jeté dans mon cœur le trouble et l'épouvante.

Adieu ! ne me retenez plus ; Puisque le ciel encor me permet que je ponde, Laissez-moi demander à des bois plus touffus

Une retraite plus profonde. »

Vous le voyez, l'oiseau veut couver en secret* Malheur s'il n'a pu fuir le regard indiscret! La plante germe sous la terre,

avant que. glorieuse, elle apparaisse au jour, A toute œuvre de foi, de génie et d'amour Il faut l'ombre, il faut le mystère.

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