‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 165 sur 428 · LE CHANT DU CYGNE · texte numérisé non relu

LE CHANT DU CYGNE

Dans son nid de roseaux le cygne allait mourir. Voilà les campagnards empressés d'accourir

Pour admirer ce chant d'une douceur extrême

Que, selon la tradition, Fait entendre le cygne à son heure suprême.

Jugez de la déception Que bientôt éprouva l'agreste aréopage : L'oiseau, péniblement poussant un cri sauvage, Vit s'éteindre avec lui sa réputation.

Plus d'une gloire est usurpée; Plus d'un cygne en impose à la foule trompée. Tel dont les chants jamais ne furent entendus Profite des honneurs réservés au génie : On en voit, exploitant leurs talents prétendus,

Arriver à l'Académie.

Page 1