‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 21 sur 428 · HOMÈRE · texte numérisé non relu

HOMÈRE

Un soir, quand du soleil le flambeau se reflète

Sur les cités et les hameaux, Homère sommeillait, et sa lyre muette

Pendait aux branches des ormeaux.

Tout à coup un son vague arrive à son oreille.

Ce murmure inconnu l'éveille; Il voit un papillon sur le luth arrêté, Dont l'aile, en frémissant, cherche la liberté. « Il a perdu, dit-il, la poussière divine

Qui soutenait son vol aux cieux ; Mais il mourra sur la corde argentine,

Parmi des sons délicieux. . .

Voilà l'image de ma vie ;

En chantant j'ai brisé l'essor Qui mène vers les biens une foule ravie,

Et l'indigence fut mon sort.

Eh bien! j'expirerai dans le plus beau délire, En célébrant les dieux, la gloire, la beauté , Et, peut-être, la brise, en passant sur ma lyre, Portera mes concerts à l'immortalité... »

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