‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 263 sur 428 · SCENE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

SCENE HISTORIQUE

n (un médecin. 50 ans:

Personnages : , ' . „

J ( UN ECOLIER, lO aiîS.

La scène se passe en 1821, à Montionac [Dor donne), dans le salon d'un médecin.

le .mkmkcin entendant frapper à la porte du salon) :

Entrez!

[L écolier, baissant les yeuap, f avance embarrassé vers le fauteuil du médecin, qui lui saisit la main, lui tâte le pouls ; après l'avoir ( taminé longtempê attentivement) :

Qu'as-tu?

l'écolier.

Des vers. . .

LE MÉDECIN

Quoi ! des vers à ton âge !

l'écolier.

Les premiers que je fis, je n'avais que dix ans.

le médecin.

Que dix ans!...

l'écolier.

Oui, Monsieur ; dix ans pas davantage.

le médecin (à part).

D'ordinaire, on les a plus tôt et moins longtemps.

l'écolier.

J'en ai fait ce matin...

le médecin.

Combien?

l'écolier.

Une vingtaine.

LE MÉDECIN

C'est beaucoup. . . Eh! dis-moi, te viennent-ils sanspeine?

l'écolier.

Non pas... pendant la nuit je veille, haletant; J'ai la tête embrasée et le cœur palpitant...

LE médecin (à part, lui tenant toujours la main) :

Oui, son pouls bat deux fois à toutes les secondes.

[Haut).

Eh! sont-ils longs tes vers? il faut que tu répondes A tout...

LÉCOLIER.

J'en ai de huit, de dix, de douze pieds.

LE MÉDECIN

Douze pieds!... [à part). Leurlongueurestextraordinaire

l'écolier.

Pour a ous les faire voir, si cela peut vous plaire, J'en ai sur moi deux cents...

(Il tire de sa poche un long cahier roule) »

2b6 POESIES DIVERSES.

LE MÉDECIN

Ils sont dans ces papiers?

LÉCOLIER.

Oui, Monsieur...

[Il présente le cahier au médecin, qui le déroule, et nu trouve que des fables).

LE MÉDECIN

Polisson, va-t'en!... Avec tes rimes A me faire enrager je crois que tu t'escrimes.

(// lui jette le cahier à la figure).

Voyez le beau malade! Il vient d un air piteux Me confier sa main pendant une heure ou deux ; Je lui prête l'oreille en toute conscience... Lui, sans égard pour l'âge et pour la faculté, D'un air de bonhomie et de simplicité, Par un long quiproquo déroute ma science...

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