‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 265 sur 428 · ALAIN CHARTIER ET MARGUERITE · texte numérisé non relu

ALAIN CHARTIER ET MARGUERITE

Dites-moi : Marguerite, est-ce l'enfant timide

Dont la jeunesse et la beauté Rayonnent sous le chaume et dans la pauvreté?

Est-ce plutôt la fleur candide

Qui dans les cœurs épris d'amour Éveille tour à tour La crainte et l'espérance?...

Non ; celle que je chante est la reine de France Qui, rencontrant un jour le poète endormi, Imprime un chaud baiser (si l'histoire est fidèle)

Sur sa bouche ouverte à demi.

Il était vieux et laid, la reine jeune et belle. Les courtisans entre eux se regardaient, surpris.

\\<v un gracieux souris

« Ce n'est pas l'homme, leur dit-elle,

Qui fut l'objet de mes amours ;

258 POESIES DIVERSFS.

Mais j'ai voulu baiser les lèvres inspirées Qui livrèrent passage à tant de beaux discours, A tant de paroles dorées.

Ce doux baiser de femme, inexprimable honneur, D'Alain lit la fortune. . . ; il eût fait mon bonheur.

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