‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 28 sur 428 · LE MAQUIGNON, L'ANE ET LE BŒUF · texte numérisé non relu

LE MAQUIGNON, L'ANE ET LE BŒUF

Un jour, par certain maquignon Un baudet fort chétif est conduit à la foire.

Notre roussin, s'il faut en croire Le portrait séduisant fait par son compagnon, Est un âne accompli : « Voyez, il est mignon!

Il est robuste, il fait merveilL Comme ses pieds sonl beaux! comme son poil est lin !..,

— On sait m'apprécier enfin, Dit l'âne, en redressant ses deux longues oreilles!

Mon maître est juste ; honneur a I Un bœuf, tout pics de là, se : de 1 en tendre :

« Dp louanges, dit-il, s'il faccable aujourd'hui, C est que ton maître veut te vendre. »

Sot auteur d'un sot livre, enfin tu viens à bout De te faire éditer, et voilà que partout,

Par l'annonce et par la réclame,

Comme un génie on te proclame ; De la littérature on te dit le soleil.

Tu prends ce bruit déclamatoire

Pour la trompette de la gloire, Et tu vois dans ton œuvre un trésor sans pareil, Eh bien! ton éditeur, s'il faut qu'on te le dise, Poir s'en débarrasser, vante sa marchandise.

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