‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 288 sur 428 · LA SCIENCE · texte numérisé non relu

LA SCIENCE

L'humanité naissante, en science inféconde, Aux colonnes d'Hercule avait borné le monde; Mais, plus tard, Galilée et Christophe Colomb De la terre ont fixé la forme et l'étendue. Sur la route du vrai, pour la science ardue Dans chaque découverte est un nouveau jalon. Par \afoi, quand de Dieu la puissance est réduite Du seul globe terrestre à guider la conduite, Les savants, dans les eieox inondés de clartés, Comptent par millions les mondes habités.

Vous rapetissez Dieu; votre culte idolâtre,

O prêtres, a changé toute église en théâtre; Ceux que vous foudroyez d'anathèmes pieux, Les savants... plus que vous ils sont religieux,

Car la science nous révèle

De Dieu l'impérissable loi :

Chaque découverte nouvelle

Est un nouvel acte de foi.

ANNA LEIYIAIRE.

rête-moi tes accents, ô ma muse fidèle : Anna n'est plus ! Anna n'est plus !

L'impitoyable mort a brisé d'un coup d'aile

Tant de talents, tant de vertus; Fière de nous ravir une si belle proie, Heureuse de causer un deuil universel, La mort se réjouit d'une féroce joie : Anna n'est plus, ô sort cruel !

Pleure, famille désolée ; Ta gloire, ton trésor, Anna s'est envolée; Et vous qui de cet ange admiriez la douceur,

Artistes, pleurez votre sœur.

Nous ne l'entendrons plus, cette voLx ravissante, D'une salle enivrée accueillir les bravos. Nous perdons, à la fois, et ses nobles travaux,

Et sa jeunesse éblouissante.

Inutiles regrets, inutiles soupirs!

Elle ne vivra plus que dans nos souvenirs

Mais que dis-je? un espoir me reste, ombre chérie ;

Quand, fidèle à ma rêverie, J'irai fouler la terre où reposent les morts, J'entendrai, vers le soir, d'ineffables accords Emportés jusqu'aux cieux par la brise embaumée.

Alors, peut-être les passants Croiront du rossignol écouter les accents... Anna, dirai-je, Anna, c'est ta voix bien-aimée »

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