‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 315 sur 428 · UNE NUIT D'ÉTÉ · texte numérisé non relu

UNE NUIT D'ÉTÉ

BALLADE

Des moissons c'est le mois brillant ; Le pied léger, le cœur brûlant,

T'en souviens-tu?

A l'heure où la lune étincelle, Nous voilà partis, ô ma belle;

T'en souviens-tu?

Du pain, du vin dans un panier, Nous suivions un étroit sentier,

T'en souviens-tu?

Toi plus heureuse qu'une reine, Et moi plus lier qu'un capitaine :

T'en souviens-tu?

Côte à côte, main dans la main, Nos voix animaient le chemin,

T'en souviens-tu?

En ces instants chaque parole Est un mélodieux symbole :

T'en souviens-tu?

Sur le gazon, n'est-ce pas, dis,

POESIES DIVERSES. 3j

S'offrit à nous le paradis,

T'en souviens-tu?

Sur nos tètes les tourterelles En extise agitaient leurs ailes .

T en souviens-tu?

De son calme et mouvant flambeau La lune argentait ce tableau,

T'en souviens-tu?

Les ebênes, les hêtres, les aulnes Vers le ciel dressaient leurs colonnes :

T'en souviens-tu ?

Les fleurs embaumaient, à l'en tour; C'était le temple de l'amour,

T'en sou viens- tu ?

L'Opéra, fertile en merveilles, Jamais n'en montra de pareilles :

T'en souviens-tu?

Le couple, sans peur des jaloux, Revint bras dessus bras dessous,

T'en souviens-tu?

Leur àme comme une ambroisie Buvait à flots la poésie :

T'en souviens-tu ?

Pour mon esprit et pour mon e< Que cette nuit eut de douceur!

T'en souviens-tu?

Toujours, ô belle fiancée, Elle vivra dans ma pensée :

T'en sou viens- tu:'

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