JE REVIENDRAI
Le chiffonnier passait par les villages, Le sac au dos, le crochet à la main.
Près d'une ferme aux riches pâturages, Il s'arrêta, lassé d'un long chemin.
« Nous n'avons pas de haillons! dit le maître Sans tarder pars, ou je te châtierai.
— Craignez le sort! dit l'autre; un jour, peut-être, Je reviendrai. »
L'Amour poursuit sa route souveraine; 11 voit Aline, et le dard est lancé.
La jeune fille avait treize ans à peine ; Le trait la frappe et retombe émoussé.
Le pauvre Amour lui dit, l'âme chagrine : t De ma méprise, oh! je me vengerai!
D'un trait plus sûr pour te frapper, Aline, Je reviendrai. »
Vers ses tyrans le peuple armé s'avance; Il veut ses droits, il veut la liberté. Mais d'escadrons une troupe s'élance; Elle a fait fuir l'esclave révolté.
En s'éloignant, le peuple alors s'écrie : t Mes fers, encor je les supporterai : 0 rois, bientôt, pour sauver la patrie, Je reviendrai. »