AU FOND DU VERRE
Verre vide ! foyer sans flamme, Vile matière, corps sans âme, A quoi sert-il? à rien, à rien.
Mais du jus divin de la treille Qu'on le remplisse, il fait merveille; C'est un puissant magicien.
Eh! verse, frère:
Remplis ton verre!...
C'est bien, c'est m'en; Courage, frère !
Vide ton verre!...
C'est bien, très-bien.
On trouve le suprême bien Au fond du verre.
Quoi! tu rougis auprès des belles; Ton esprit n'a pas d'étincelles, Et la tristesse est dans ton cœur !
Veux-tu bientôt, la tête altière, Apparaissant dans la carrière, De tes rivaux être vainqueur?
Eh! verse, frère;
Remplis ton verre!...
C'est bien, c'est bien;
Courage, frère!
Vide ton verre!...
C'est bien, très-bien.
On trouve le suprême bien
Au fond du verre.
Quel feu s'empare de ton être?
0 délire! en toi je vois naître L'esprit, l'audace, la gaité.
A tes vœux il n'est plus d'obstacle?
Quoi donc a produit ce miracle?
Eh! c'est le vin, en vérité!
Eh! verse, frère;
Remplis ton verre ! . . .
C'est bien, c'est bien;
Courage, frère!
Vide ton verre ! . . .
C'est bien, très-bien.
On trouve le suprême bien Au fond du verre.