‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 326 sur 428 · AU FOND DU VERRE · texte numérisé non relu

AU FOND DU VERRE

Verre vide ! foyer sans flamme, Vile matière, corps sans âme, A quoi sert-il? à rien, à rien.

Mais du jus divin de la treille Qu'on le remplisse, il fait merveille; C'est un puissant magicien.

Eh! verse, frère:

Remplis ton verre!...

C'est bien, c'est m'en; Courage, frère !

Vide ton verre!...

C'est bien, très-bien.

On trouve le suprême bien Au fond du verre.

Quoi! tu rougis auprès des belles; Ton esprit n'a pas d'étincelles, Et la tristesse est dans ton cœur !

Veux-tu bientôt, la tête altière, Apparaissant dans la carrière, De tes rivaux être vainqueur?

Eh! verse, frère;

Remplis ton verre!...

C'est bien, c'est bien;

Courage, frère!

Vide ton verre!...

C'est bien, très-bien.

On trouve le suprême bien

Au fond du verre.

Quel feu s'empare de ton être?

0 délire! en toi je vois naître L'esprit, l'audace, la gaité.

A tes vœux il n'est plus d'obstacle?

Quoi donc a produit ce miracle?

Eh! c'est le vin, en vérité!

Eh! verse, frère;

Remplis ton verre ! . . .

C'est bien, c'est bien;

Courage, frère!

Vide ton verre ! . . .

C'est bien, très-bien.

On trouve le suprême bien Au fond du verre.

Page 1