LE LABOUREUR ET LA RONCE
« Tu sèmes en automne un froment hasardeux.
Disait au laboureur une ronce rétive.
Tu perdras par le froid ta semence hâtive;
Attends six mois encore, attends-en au moins deux;
Tu viens trop tôt, vraiment...» Que dit l'homme à la ronce?
Un travail plus ardent fut toute sa réponse,
Et mille gerbes d'or couronnèrent ses vœux.
L'idée est le froment qui doit nourrir le monde ;
Semons pour l'avenir cette graine féconde.
Ah! si vous en croyez le méchant et le sot,
Les plus grands novateurs viennent toujours trop tôt.