LE BŒUF ET LA FOURMI
Le bœuf, ruminant personnage.
Disait à la fourmi : « J'enrage De t'endendre, parfois, parler d'égalité:
.N'est-ce pas une absurdité?
Oui: pour justifier ma sévère sentence, Faisons entre nous deux une comparaison.
Quel être prive de raison Du bœuf à la fourmi n'aperçoit la distance? Lorsque, péniblement, vers ta pauvre maison
Tu traînes un fétu de paille, Ta faim se rassasie avec un grain de blé ;
Et moi, sans en être accablé, Boulant de lourds fardeaux mesurés à ma taille,
Je dévore à chaque repas l ii!"1 botte de foin!..,. « Mais la fourmi, plus sage, En ces mots répondit au grave personnage: • Votre comparaison ne me convertit pas : Mangeant un grain de blé, traînant un brin de paille,
Je satisfais mon appétit,
Selon mes forces je travaille.
Sur deux points importants je vois, sans contredit, Que du mien votre sort nullement ne diffère.
Faibles ou forts, petits ou grands, Remplir chacun sa tache, avoir le nécessaire, Voilà Tégalité comme je la comprends. »