‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 353 sur 428 · L'ÉCOLE BUISSONNIÈRE · texte numérisé non relu

L'ÉCOLE BUISSONNIÈRE

Frères, amis, lorsque nos bons parents Nous envoyaient à l'école primaire, Vous souvient-il, armés d'une grammaire, Que nous suivions deux chemins différents? Quand se glaçait votre àme prisonnière Sur un pensum monotone et savant, Moi, j'aspirais de Dieu l'esprit vivant.

Tout en faisant l'école huissonnière.

La peur du maître où d'un père irrité. Ni des cachots la sombre perspective, Tant me pressait une voix instinctive.

Dans mon essor ne m'auraient arrêté.

Prenant pour lit la mousse printanière, Je m'étendais sur le bord d'un ruisseau. Là, de mes vers fut le riant berceau, Là, je faisais l'école huissonnière.

Comme nos sorts, nos vœux furent divers En politique, en amour, 6 mes frères, Quand, presque tous, vous faisiez des affaires, En tout alors, moi, je faisais des vers. Sans dévier suivant la même ornière, Oui vous poussa? Le devoir, l'intérêt.* Seul le hasard ou le cœur m'inspirait : Je fis toujours l'école buissonnière.

Quand la fortune a pour vous tant d'appas, Vers la nature avec foi je in élance ; Votre fierté rit de mon indolence; Mais avec vous je n'échangerais pas.

Miches, puissants, à notre heure dernière. Pleins de regrets la mort vous frappera; Moi, plus heureux, elle me trouvera Faisant encor TpcoIp buissonnière.

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