‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 355 sur 428 · TANT QUE MON CŒUR BATTRA · texte numérisé non relu

TANT QUE MON CŒUR BATTRA

En \ain par un sort inflexible

Au berceau fut-il arraché,

L'homme par un fil invisible

An sol natal reste attaché.

Alcyon regrettant la plage,

Rossignol pleurant son bocage,

Mon cœur, mon cœur, tant qu'il battra,

\ ers son doux nid revolera.

Combien de fois, dans la prairie,

Dans les forêts, sous les buiss ins,

J'ai, fidèle à ma rêverie.

Cueilli des fleurs H des chansons!

Fleurs des champ-, fleurs de p<H'<i<'.

Suaves comme l'ambroisie,

Mon cœur, mon cœur, tant qu'il battra,

i>'' \<>s parfums s*eni\rera.

Mon cœur, de la guerre et des haines

Abhorrant le règne fatal,

Voit les félicités humaines

Dans les sphères de l'idéal.

Vous qui pleurez sur cette terre,

Artiste, fernme, prolétaire,

Mon cœur, mon cœur, tant qu'il battra.

Sur vos douleurs s'attendrira.

Mon âme, depuis son enfance,

Élève un temple à la beauté,

Et ma muse pieuse encense

Ses attraits et sa majesté.

A mes yeux jamais un nuage

Ne ternira sa douce image .

Mon cœur, mon cœur, tant qu'il battra,

Pour la beauté soupirera.

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