‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 364 sur 428 · LE ROUGE-GORGE · texte numérisé non relu

LE ROUGE-GORGE

Des aquilons la froide haleine Souille ot mugit ; un blaûc manteau Couvre les sillons dans la plaine, El Les arbres sur le coteau.

Oiseaux, vers des zones meilleur Quand vous chasse le vent du nord.

De l'hiver pour charmer les heu Le rouge-gorge vient encor.

Les papillons, les demoiselles,

Dont nos yeux étaient éblouis,

Connue de vives étincelles.

Hélas! se sont évanouis.

Elles sont mortes sur leur tige,

Les fleurs d'azur, de pourpre et d'or ;

Partout le deuil... mais, ô prodige!

Le rouge-gorge brille encor.

Vous qui naissez parmi les roses, Chardonnerets, linots, pinsons, On n'entend plus, gais virtuoses, L'air retentir de vos chansons. La nature, muette et sombre, Verse des larmes et s'endort ; Mais un éclair a percé l'ombre :

Le rouge-gorge chante encor.

Vers nous ce bel oiseau qui vole, A l'approche des mauvais jours, Yest-ce pas l'ange qui console, L'espérance qui luit toujours?

De mai quand fleurit la couronne.

Loin de nous il prend son essor; Mais, au déclin de chaque automne, Il reviendra chanter encor.

- kl

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