‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 366 sur 428 · SAINT-JÉROME · texte numérisé non relu

SAINT-JÉROME

Enfin, désenchanté des erreurs de la terre, .Ne trouvant que la lie au fond des coupes d'or, Jérôme remplissait son antre solitaire D'un long rugissement de regret, de remord : « Il fallait à mon corps, à mon àme en délire, Ou les plaisirs brûlants, précurseurs de l'enfer. Ou des sens et du cœur le sublime martyr»'. Ou Rome, ou le désert !

cV'ti est fait, je renonce aux grandeurs mensongères; Démon des voluptés, je brise ton autel. La prière éteindra mes ardeurs | Car je veux conquérir un bonheur immortel!..* 11 fallait à mon corps, à mon àme en délire, Ou les plaisirs brûlants, précurseurs de renier, ou il<-> gens et du cœur le sublime martyre, <»u Home, ou le déserl :

Adieu les beaux palais, les banquets pleins de charmes. Les fêtes où Lazare enviait mes destins! La cendre, le silice, un pain trempé de larmes, Voilà mes voluptés, mon luxe, mes festins!... Jl fallait à mon corps, à mon àme en délire, Ou les plaisirs brûlants, précurseurs de l'enfer, Ou des sens et du cœur le sublime martyre, Ou Rome, ou le désert !

Que voulez-vous de moi, séduisantes images? Pourquoi troubler mes nuits, fantômes du passé? Torrents des passions, je brave vos orages!... 0 femmes! ô transports!... ô mirage insensé! Il fallait à mon corps, à mon àme en délire, Ou les plaisirs brûlants, précurseurs de l'enfer, Ou des sens et du cœur le sublime martyre. Ou Rome, ou le désert !

Pour réparer les torts de ma jeunesse impie, Je ferai retentir ta parole, ù mon Dieu! O maître, accorde-moi, pour que je les expie, Une plume inspirée, une langue de feu.

Il fallait à mon corps, à mon àme en délire, Ou les plaisirs brûlants, précurseurs de l'enfer, Ou des sens et du cœur le sublime martyre, On Rome, ou le désert ! »

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