‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 392 sur 428 · COLIN-MAILLARD · texte numérisé non relu

COLIN-MAILLARD

Pendant les soirs d'hiver, lorsque règne, en décembre,

Pluie ou glace, ueige ou brouillard, Ouel charmant passe-temps, bien clos dans uw chambre,

De jouer à Colin-Maillard!

On voit, rangés sur une ligne, Filles aux frais minois el garçons toul joyeux.

A celui que le sort désigne On serre un bandeau sur les yeux:

[1 part, il hésite, il tâtonne:

Il va sans savoir où, Et la bande rieuse autour de lui bourdonne : Casse-cou , casse-cou !

De surprendre quelqu'un de plus en plus avide.

Il cherche dans le vide:

Tour lui la chambre est noire connue un four Enfin, à sa poursuite en vain on se dérobe; il touche un vêtement, il saisit une robe : Un autre va subir le mouchoir à son tour. Le nouveau patient part, hésite, tâtonne .

Il va sans savoir où, Et la bande rieuse autour de lui bourdonne :

Casse-cou, casse-cou!

L'amour, qui toujours veille Et guette en maraudeur, Parle à plus d'une oreille .

Agite plus d'un cœur.

Colin-Maillard, dans l'ombre, Se peut compter le nombre Des soupirs, des serments Et des chuchotements.

On se donne , au passage .

D'un baiser le doux gage,

On se presse la main...

Ah! plus d'an mariage se signera demain.

Pendant les soirs d'hiver, lorsque règne, en décembre.

Pluie ou glace, neige ou brouillard , ouel charmant passe-temps, bien clos dans une chambre.

De jouer à Colin-Maillard !

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