COLIN-MAILLARD
Pendant les soirs d'hiver, lorsque règne, en décembre,
Pluie ou glace, ueige ou brouillard, Ouel charmant passe-temps, bien clos dans uw chambre,
De jouer à Colin-Maillard!
On voit, rangés sur une ligne, Filles aux frais minois el garçons toul joyeux.
A celui que le sort désigne On serre un bandeau sur les yeux:
[1 part, il hésite, il tâtonne:
Il va sans savoir où, Et la bande rieuse autour de lui bourdonne : Casse-cou , casse-cou !
De surprendre quelqu'un de plus en plus avide.
Il cherche dans le vide:
Tour lui la chambre est noire connue un four Enfin, à sa poursuite en vain on se dérobe; il touche un vêtement, il saisit une robe : Un autre va subir le mouchoir à son tour. Le nouveau patient part, hésite, tâtonne .
Il va sans savoir où, Et la bande rieuse autour de lui bourdonne :
Casse-cou, casse-cou!
L'amour, qui toujours veille Et guette en maraudeur, Parle à plus d'une oreille .
Agite plus d'un cœur.
Colin-Maillard, dans l'ombre, Se peut compter le nombre Des soupirs, des serments Et des chuchotements.
On se donne , au passage .
D'un baiser le doux gage,
On se presse la main...
Ah! plus d'an mariage se signera demain.
Pendant les soirs d'hiver, lorsque règne, en décembre.
Pluie ou glace, neige ou brouillard , ouel charmant passe-temps, bien clos dans une chambre.
De jouer à Colin-Maillard !