SCÈNE IV
I Amille, seule.
Mon cher père, je vais, avant votre retour, Relire les beaux vers du galant troubadour. (Lisant.)
« Vous dont l'image enchanteresse
» Fait doucement rêver mon cœur,
» Apparaissez à ma jeunesse
» Comme l'ange de mon bonheur.
» Vous serez l'astre, à son aurore,
» Qui des cieux veillera sur moi. ..
» .l'ai trouvé mon Elvire et mon Éléonore ; » Je vous aime, je t'aime, et n'espère qu'en toi.
» J'irai vous cueillir la pervenche,
» L'églantine, les dahlias,
» Et la fleur qui sur l'eau se penche,
» En disant : ne m'oubliez pas !
» Qu'entre vos mains, pressé cTéclore, » Chaque boulon parle pour moi...
» .l'ai trouvé mon Elvire et mon Éléonore;
» Je vous aime, je t'aime et n'espère qu'en loi. :>
Il n'espère qu'en moi... .le t'avoue, û poète,
Qu'à t'adorer aussi je me sens toute prête :
.le Saurais pas le cœur de te contrarier.
A quinze ans, n'est-on pas d'âge à se marier V
Mes compagnes, ma foi, pourront jaser et rire.
Et mourir de dépit, je les laisserai dire,
Je les laisserai faire... ù le destin charmant !
Oh ! que le mariage est une belle chose !
On n'était qu'une entant ; on semétamorpb
En femme, puis, plus tard, en petite maman.
On ne vous traite plus, comme à l'âge frivole,
De petite écolière et de petite folle;
In mari complaisant sait mettre son plaisir
A pouvoir contenter votre moindre désir ;
On a tout à souhait quand on entre en ménage;
le ciel ici-bas... Vi\e le mariage!...
Paul est pauvre, il est vrai... mais il s'enrichira : il est gauche, timide... <>n le dégourdira ! Moi, je vais devenir la femme d'un poète I • us déjà Porgueil me monter à la tète... Mais mon père... à propos, voudra-t-il consenti] A mon bonheur?... EntetuiatU ouvrir. ) On vient..