‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 5 sur 428 · L'OMBRE DE SALOIYION ET LE LABOUREUR · texte numérisé non relu

L'OMBRE DE SALOIYION ET LE LABOUREUR

A certain laboureur le plus sage des rois

En songe appârul une fois :

« A tes pieds, lui dit-il, contemple La fourmi, du travail suivant les saintes lois, £t son activité te servira d'exemple. » A ces mots s'envola l'ombre de Salomon. De la charrue alors saisissant le timon , L'homme aux champs chaque jour allait ayant l'aurore. A quatre-vingt-dix ans il labourait encore, Lorsqu'un soir reparut l'antique Vision :

« Eh quoi! jusqu'à la mort tu travailles? dit-elle.

— Vous m'offrîtes jadis la fourmi pour modèle. ..

— Mais, l'été, la fourmi fait sa provision Pour vivre, dans l'hiver, à l'abri de l'orage : L'hiver, c'est la vieillesse, et l'été le jeune âge : L'homme a droit au repos ainsi que la fourmi. ..

— Sans relâche au travail la misère m'enchaîne, Car le travail du jour au jour suffit à peine.

— N'as-tu pas quelque fils ou quelque jeune ami Dont le bras vigoureux du travail te dispense?

— Comme moi, pour compagne ils ont la pauvreté!

— Au laboureur, grand Dieu, donne sa récompense !

Dit l'ombre; accorde, en ta bonté, Un travail fructueux à l'ardente jeunesse, Et du repos à la vieillesse ! ... »

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