LE PETIT GOURMAND
Les doigts et le menton tout barbouillés de graisse, D'un pâté monstrueux im enfant se bourrait ; Aussi bien que des dents des yeux il dévorait. D'enlever les débris sa mère enfin s'empresse :
« Craignez, dit-elle en sa tendresse, Qu'une indigestion ne menace vos jours. »
Le marmot répond au plus vite :
« Maman, j'en veux encor!. . . maman, j'en veux toujours. »
Avare, ambitieux, et toi, mou sybarite, Vous dont la jouissance augmente les désirs,
Dans votre soif insatiable
De trésors, d'honneurs, de plaisirs, Vous êtes, croyez-moi, le gourmand de ma fable