LES DEUX CEPS DE VIGNE
Courbé sous le poids du raisin,
Un jeune cep a pour voisin Un vieux cep tortueux, couvert de cicatrices, Qui compte avec orgueil soixante ans de services, Et n'a plus pour richesse et pour tout ornement Que des grains clair-semés sur un dernier sarment. Or, le vieux cep. au temps de la cueillette,
Fournit un nectar généreux,
Et l'autre?... de ses fruits nombreux
On ût un tonneau de piquette.
En frivoles propos ne voit-on pas toujours
Abonder la folle jeunesse?
Vieillesse parle moins, mais ses rares discours Sont pleins de bons conseils mûris par la sagesse.