‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 112 sur 354 · L'ATTELAGE · texte numérisé non relu

L'ATTELAGE

« A cet enfant si fraîche, si jolie, Oserez vous, mon frère, unir vus soixante ans, Marier vus hivers à ses quinze printemps; Vous n'accomplirez pas cette insigne folie... — Oui, je l'accomplirai, répondit le vieillard, Aujourd'hui môme et sans plus de retard. »

(In cul beau dire, un eut beau faire, La noce prit bientôt le chemin du notaire. Voil i qu'à travers champ arrive un Campagnard

Menant de bœufs un Attelage; Or, "u ne vit jamais plus bizarre assemblage : L'un, squelette affaissé sous !>■ travail et l'Age,

Ne répond qU'aVec peine aux coups de l'aie

En mugissant, l'autre, jeune et robuste,

Accuse la lenteur de son vieux compagnon

« C'est ridicule, c'est injuste , Dit notre fiatlcé, d'associer ainsi Des bœufs si différents de lunes et d'année Son frère l'interrompt : « Vous condamnez Le joug qui doit bientôt lier vos destinées. Par vous-même averti , renonçant à l'hyme Du logis, croyez-moi * reprenez le chemin. Le vieillard adopta Cet avis salutaire, Et , jusqu'au dernier jdiir, resta célibataire

uillon ;

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